Brièvement de sortie aujourd'hui: entre la bibliothèque, le centre commercial, le métro bondé, et les rues où des bourrasques traitres rappelaient aux passants distraits qu'ils étaient bien plus proches de l'hiver que de l'été malgré le ciel bleu avenant.
Oui, c'est un fait... tout ce que je parviens à retenir depuis toutes ces années, c'est qu'à partir de la Toussaint, on commence irrémédiablement à geler, hiver ou pas. Pire période de l'année: Celle où on est bien au chaud blotti sous ses couettes le matin et qu'il faut
_ horreur _ poser un pied nu par terre, et puis un autre, et s'installer en gromelant devant la table de la cuisine et regardant sa montre, l'obscurité au dehors, et en se disant:
"pas envie".
Bien envie en revanche de réclamer des vacances prolongées. Mais non pas possible. Concours blanc qui point à l'horizon. Ne pas y penser, ne pas y penser... flash-back à la place: raconter tout et n'importe quoi, mais ne surtout pas parler de ce qui va venir... ^^
La première khôlle par exemple, passée Vendredi après-midi, dernière épreuve de cette moitié de trimestre. Et le fardeau de la sagesse s'est alourdi sur mes frêles épaules.... mes sourcils neigeux et ma longue barbe ont encore
doublé de longeur au fil de l'heure de préparation et de passage
(à la fin de l'année je vous parie que je m'entortille les pieds dedans et que je concurrence le Père Noël XD) .... J'ai fait mon baptême de khôlle avec le Français, on ne pouvait pas rêver mieux!
(pourrais-je ajouter hypocritement) En fait, nous étions les derniers à passer dans cette matière cet après-midi là, éreintés, pressés d'en finir, les yeux injectés de sang et....
(bon, ok, j'en fais un peu trop). En fait, j'ai bien constaté que les réactions de stress face aux khôlles variaient en fonction des individus. Certains par exemple, un légère
rougeur aux joues ne peuvent pas tenir en place. Vous avez beau les observer avec le plus grand flegme derrière l'écran d'un ordinateur en salle de préparation et leur répéter que stresser ne sert à rien... eh bien.... c'est sans effet.
Et pourtant, la meilleure chose à faire, face à une khôlle qui approche, c'est de rester stoïque. Certes, c'est bien facile à dire... mais il suffit de se raisonner 5 minutes pour se rendre compte que, ratée ou pas, ce ne sera pas la fin du monde, et puis que, de toute manière le
stress n'arrangera pas le tout. Bref, je vous conseille le pessimisme flegmatique... surtout en français où le texte de passage est inconnu et où toutes les révisions du monde pourront faire chou blanc au final.
Pourtant j'avoue... j'ai moi-même eu mon moment de stress... lorsque je me suis rendue compte que les élèves khôllés avant moi avaient tiré à la loge en tout et pour tout un petit papier avec le nom de leur extrait (des
Fleurs du Mal) à étudier.... C'est que, tous avaient leur recueil sur eux... tandis que j'avais bêtement oublié le mien. Mais les happy end
(et surtout les âmes charitables ==> Merci Pauline) existent parfois, même en prépa ; et j'ai pu, après cette poussée d'adrénaline, préparer mon sujet tranquille:
Les 5 Premières strophe de la Danse Macabre extraite des Tableaux Parisiens de Baudelaire.
Ca avait tout pour m'inquiéter: j'ai toujours considéré au lycée que les explications de texte étaient des sortes de "choses" un peu tirées par les cheveux, et je n'y ai jamais excellé... Mais enfin bon... partie perdante j'ai pris la chose au sérieux, cherché, écrit et me suis présentée hardie, dans le "couloir de la mort" pour passer cet entretien.
Cela fait un drôle d'effet, c'est vrai de se retrouver dans cette petite pièce exigue, meublée en tout et pour tout d'un bureau et de deux chaises
(qui, je vous rassure, ne sont pas électriques). Le prof que l'on voit toujours de loin en cours, surtout quand on se place au fond, semble terriblement proche, il a l'air maussade et on s'attend au pire, surtout lorsque l'on s'est comme moi, tapé la veille un 5,5 à sa dissert. Mais je remue là des souvenirs
douloureux... T_T
Enfin... on regarde ses notes, commence à parler... Pour ma part j'ai pris un certain plaisir à dérouler mon exposé, de manière nette, claire. Je ressentais quelque chose de l'ordre de la sensation un peu
grisante... celle qui me prend toujours lorsque je déroule une démonstration... quitte à me viander royalement au bout du compte.
(c'est du masochisme, je sais)Cette fois-ci il s'est avéré que ça allait:
12/20 On sort de la petite pièce d'un pas de vainqueur, avec un grand sourire et non sans pitié pour celui ou celle qui attend devant la porte de passer à son tour à la guillotine.
Cette première khôlle fait partie des bons souvenirs à remuer parfois lorsqu'on est en vacances... même si ce ne sont pas les seuls... Mais ça, c'est encore autre chose.