Croire au soleil quand tombe à l'eau [Aragon]

Croire au soleil quand tombe à l'eau
Il y a des fois où on a envie de dire "c'est dingue" quand on voit à quel point les pages de la vie défilent, défilent et redéfilent, à un rythme accéléré. Cette vitesse on l'observe avec fascination, jusqu'au moment où on se rappelle que la vie n'est pas éternelle.

Ta vie vieille... t'en fais quoi?

I don't know...


Partir en cours, avec parfois les trippes rongées par le stress, planer l'autre partie du temps, alors qu'un prof déchainé et à demi pervers qui nous déclare que "la systémolyse au delà de l'écoumène donne lieu à des systèmes socio-économiques considérés comme endogènes ou endotropes__ si tant est que l'anthropisation ne soit pas entravée par la solifluxion "... enchaine 5 min après sur l'affirmation "en fonction de nos préférences sexuelles, nous n'avons pas la même représentation de la montagne" ====> Mais bien sûr! *air sceptique*

Oui, se concentrer et planer dans des moments d'absence, sourire toute seule en plein milieu d'un cours où une autre prof nous parle de la terrible misère ouvrière à Lille au XIX°.... sourire jusqu'aux oreilles et passer pour une inhumaine.
Voisin(e) de table curieux (se) : Hanna-Nejma? Pourquoi tu souris? Tu trouves ça drôle?
Moi *version officielle*: Oh.... pour rien... pour rien
Moi *en mon fort intérieur*: T'occcupes! Je pense aux chocolats, à Marseille, à la plage, et à.... Et puis d'abord de quoi je me mêle? (personne a rien compris ===> c'est normal)

Ta vie ma vieille c'est l'hypokhâgne. Ce qui est en dehors, existe, les heures au téléphone ou les sorties _rares_ avec les koupines de lycée, c'est un monde pallèle dans lequel tu t'évades pour prendre une bouffée d'air avant de replonger à 2000 m de profondeur.

Des nouveaux livres de fantasy sont sur les étalages à Decitre, le 2° tome attendu depuis si longtemps du Livre des mots en format "poche", sauf que tu peux pas l'acheter ma vieille, ben oui, parce que tu dois lire Tourisme et Montagne et te pencher sur Hegel, que tu culpabiliserais. Parce que les livres distrayants c'est ceux du monde parallèle.
Go ahead again and again... aspire l'hypokhâgne jusqu'à la moelle, le meilleur est à venir.

Et puis tu l'aimes bien l'hypokhâgne. Tu l'aimes bien quand tu peux finir d'un air fiévreux une version d'Italien d'Italo Calvino en moins de deux, prendre plaisir et voir sa ville imaginaire "Leonia" revivre sous tes yeux.
Tu l'aimes bien quand tu sors d'une khôlle réussie et que le sentiment de puissance te submerge.

I am the best

Tu l'aimes bien quand tu regardes de l'avant avec optimisme en te disant: le futur m'est ouvert, c'est grisant
Tu l'aimes moins quand tu te rends compte à quel point ledit avenir est aléatoire, quand tu sors d'une khôlle où tu t'es passablement viandée.

You are a merde! Si ça se trouve tu finiras caissière.

Pour tout le monde il y a des jours comme ça.

Je repense parfois au lycée, sous mes cahiers de maths/physique, quand je voyais l'hypo comme le soulagement suprême et que je me disais qu'une fois là, tout serait beau, bleau, jaune, or, couleurs brillantes. Que nenni! De nouvelles questions surgissent, de nouvelles craintes. Cycle sans fin. Ayez les nerfs solides et accrochez vous à vos rêves.

PS: Faudra d'ailleurs que je vous raconte un de ces 4 la dernière khôlle d'Histoire, que vous ayez une petite idée... (quoi? moi, vouloir vous déprimer? XD)

# Posté le samedi 02 février 2008 02:53

Modifié le samedi 02 février 2008 11:27

Questions hypokhâgne/réponses

Questions hypokhâgne/réponses
Pour vous tous lycéens plus ou moins angoissés qui laissez des commentaires sur ce blog, ils ne passent pas inaperçus. Juste qu'en ce moment je suis un peu submergée (de boulot) mais je vous réponds à tous dans un article à la fin de la semaine, après le Samedi de DS, promis ^^

Merci encore pour tous vos commentaires, vos compliments éventuels

PS: Hellgirl..... *_* I miss you so much... Contente de te voir toujours au rdv ^^

_____________________________________________________________________

Alors comme promis:

Gaële: Pour me rassurer, serait il possible que tu me fournisses quelques conseils de lecture?... histoire que j'occupe mes moments libres de lycéenne, plongée dans des livres passionnants? (telles tes listes de vocabulaire...). Et puis aussi je voudrais savoir comment se passe le latin, j'ai oublié mes déclinaisons depuis la 5ème (les ai-je déjà connu?), mon vocabulaire est assez limité.. est-il sage de prendre cette option?

==> Honnêtement ne te farcis pas dès maintenant la tête avec des listes de voc, tu en auras tout le temps l'année prochaine si tu vas en prépa. Par contre essaie de lire la presse, des magazines d'actu du genre Vocable avec du vocabulaire journalistique et essaie d'en retenir. Vois des films en VO sous titrés, écoute la BBC: en gros familiarise toi avec la langue, c'est le plus important.
==> En littérature, fais toi déjà une culture de classiques (car autant de dire que l'année prochaine tu auras du mal à trouver le temps.... ce qui est problématique si on pense que c'est la base des dissert's de français)
==> En Latin no problemo, il y a toujours des niveaux grands débutants, moyen, ou avancés qui suivent des cours SEPARES la première année. On vous apprend tout depuis le début en débutant. Aucun niveau requis. Par contre je le répète le rythme est soutenu puisqu'en Khâgne même si vous ne faites du latin que depuis un an, si vous comptez préparer Ulm, vous vous trouverez dans une classe commune de latinistes. (je rappelle qu'à Ulm l'épreuve de latin est obligatoire.... pour une Khâgne Ulm et non pas ENS Lyon il FAUT faire du latin XD)




Alicia: Donc voila, je pense pas que je vais te balancer mes notes en te demandant si j'ai une chance, ça va te souler plus qu'autre chose et à mon avis ça sert à rien ^^, mais j'aimerais savoir quelle genre de personne il faut être (ou est-il préférable d'être) pour aller en prépa? Et d'ailleurs, quels type de personne voit-tu autours de toi en prépa?
J'aimerais également savoir si les professeurs sont attentifs aux élèves si ils ont des difficultés ou si il ne s'en occupe pas et on les vire du bahut si ça devient des boulets? o_O
Enfin, j'ai entendu dire souvent que ce qu'on faisait en prépa n'avait rien à voir avec le lycée, et du coup j'aimerais savoir dans quelle mesure il y a une différence, en gros?

==> Pour tes notes, ça ne va pas du tout me saouler mais je ne pourrai pas te répondre étant donné que les niveaux d'exigence sont variables en fonction du lycée où tu veux être admise. Comptent bien entendu ton classement, ton lycée d'origine, le niveau de ta classe et surtout les commentaires de tes profs (les bavardages par exemple sont très très mauvais). Je rappelle qu'en Hypokhâgne des mentions TB peuvent totalement se "viander" et des AB réussir mieux des fois... Et ceci pour une chose: en prépa vous apprenez des méthodes totalement différentes du lycée et vous allez vite vous apercevoir qu'il va falloir remiser au placard vos méthodes gagnantes de dissert du lycée "je-recrache-le-cours-et-quelques-citations-qui-font-joli-et-je-me-tape-19" . Donc à la limite la mention ne veut RIEN DIRE et est seulement parfois un marqueur de gens qui ont plus travaillé.
==> Quelle genre de personne il faut être pour être en prépa? ^^ oh oh on voit tout de suite le préjugé du super bon élève qui adore travailler et ne bouge pas sa tête de ses bouquins. ERRRRRREUR TERRRRRRIBLE.
C'est une question à laquelle je ne peux pas trop répondre. Ceci dit, quelques petites clés de qualités qu'il est "bien" d'avoir =
1) déjà ne pas être stressé facilement sinon entre les khôlles, les DS, les DM ben... vous allez crever (enfin non j'exagère.... il y en a dans ma classe qui le sont et qui survivent ==> Petit signe à Joséphine si elle passe par là)
2) être assez résistant mentalement = ne pas se laisser facilement démoraliser parce qu'il y a énormément de coups durs à cause des notes. Et quelques khôlleurs sont vraiment exécrables et vous cassent énormément. Vous allez vous dire que c'est pas très grave mais quand vous êtes en prépa, que vous travaillez beaucoup, mettez toutes les soirées étudiantes entre parenthèse et pas mal de détente pour bosser, eh bien quand on vous dis que vous êtes "une merde" eh bien.... ça anéantit
Pour le reste vous pouvez être flemmard, associable, fêtard... tout ce que vous voulez, le tout reste de gérer. Cette année on a de tout: de ceux qui composent des orchestres de chansons paillardes, ceux qui se font régulièrement des soirées et des cuites en semaine à ceux complètement renfermés que la société énerve...
==> Les différences lycée prépa:
1) Quand tu as 12 tu es au nirvana, quand tu as 8/9 tu sautes de joie
2) Les horaires paraissent plus "light" en fonction des options (2 aprèms de libre dans la semaine) mais ne vous réjouissez pas trop ===> ils sont souvent pris par les khôlles XD
3) Le système des khôlles justement qui oblige à s'entrainer à l'oral et met la pression
4) Vous êtes tous des gens brillants... alors forcément il y a peu de chances pour que vous soyiez le petit premier et chouchou des profs.... donc il faut mettre son égo au placard
5) Les cours sont denses dans certaines matières, même beaucoup plus et vous allez très vite vous ne rendre compte. En Anglais par exemple cette année on est ENORMEMENT solicités (mais on progresse aussi énormément)
6) Pour faire la différence il faut faire du "travail à côté"
7) On se couche parfois très tard... pas pour travailler mais justement pr se laisser un moment de détente ^^
8) Impossible d'être perfectionniste dans toutes les matières comme au lycée. On est obligé de sacrifier un approfondissement dans certaines matières au profit d'autres (ce qui ne veut pas dire "ne rien faire")
9) Ambiance de classe très bonne et réelle solidarité entre les hypokhâgneux
==> Pour ce qui est des profs, je ne peux parler qu'en référence à mon propre lycée, sachant que dans d'autres ils sont horribles. Rassure toi les profs ne virent PERSONNE, au contraire, ils nous couvent un peu, sont très attentifs à nos questions, nos difficultés. Bien sûr ce sont des êtres humains, ils sont parfois de mauvaise humeur et nous crient dessus pendant une heure pour casser nos dissertations (Souvenirs de français de résultat du premier concours blancs: VOS DEVOIRS ETAIENT LAMENTABLES 47 HORS SUJETS ET UNE SEULE COPIE HONNETE!!!) mais globalement ils nous aident à relativiser. En bref, l'encadrement est total: c'est différent de la fac c'est sur. Après il faut aimer....


Alicia (toujours) Pourquoi as-tu fait S alors que tu est maintenant en hyppokhâgne? Enfin je sais que c'est tout à fait légal de faire ça et que y a des S en HK, mais je me demandais pourquoi tu avais fait le choix de S si tu aimais la littérature? Ou alors est-ce que l'idée de l'HK est venue à la fin du lycée?

==> Je ne vais pas être originale: à la fin de la 2nd j'avais un très bon niveau de partout, mon père est prof de maths ===> j'ai donc fait S XD et je ne le regrète vraiment pas car tout ce qu'on apprend en sciences PC et SVT, ainsi qu'un certain esprit de logique mathématiques nous servent beaucoup en hypokhâgne, notamment en philo pour ma part, et ça m'a permis de rester "pluridisciplinaire" plus longtemps et de me laisser le choix de l'orientation jusqu'au bout. Voilà....^^

Désolée si les réponses sont un peu "brouillon". Je sors d'un Samedi de 5h de DS de Philo suivi d'un cours d'Histoire visite de musée qui s'est terminé à 18h, j'ai mal à la tête XD, demain dernier jour du "week-end" il va falloir préparer une khôlle de géo, des DS d'anglais, apprendre du vocabulaire, préparer................. hum bon j'arrête, après on va dire que je me plains ^^ et je ne veux surtout pas vous "effrayer".

Semaine - 1 avant les vacances... Quel bonheur *air béat"

PS: Je le répète, vos questions sont bien venues et si vous avez des petites préférences d'articles du genre "une journée ou une semaine en hypokhâgne", ou des anecdotes particulières demandez (j'ai déjà l'intention de vous raconter la deuxième khôlle d'Histoire XD... quand j'aurai le temps lol). Après tout si je tiens ce blog autant qu'il serve!
PPS: Ce sont des réponses totalement subjectives, si d'autres hypokhâgneux passant par là ont des ajouts ou des rectifications eh bien... qu'ils n'hésitent pas....

# Posté le lundi 04 février 2008 14:19

Modifié le samedi 09 février 2008 13:59

Si tu plonges longtemps ton regard dans l'abîme, l'abîme te regarde aussi [Nietzsche]

Si tu plonges longtemps ton regard dans l'abîme, l'abîme te regarde aussi
L'abîme?.... Les jours passent.... les jours passent.... et je me dis que j'aimerais m'y noyer tout à fait, et ne plus jamais en sortir... jamais.... Plonger .... au son de Break me down

"A long day alone
Emptiness is so real..."


Les piles du MP3 lachent à l'usure, à force de déverser à pleine puissance dans les écouteurs les premières notes du Requiem de Mozart, les remix d'Enigma. Tout se succède, tout se mêle... Des envies mystiques.
Vous savez, ce genre d'envie qui prend, quand on se sent vide... Marcher, marcher, très loin, juste très loin. Un endroit où on ne parlera plus de Plans en 3 parties, de problématique, de montagne, de concepts philosophiques. Un monde où les filles ne feront plus de crises d'hypoglycémie en sport. Un monde où il n'y aura plus à regarder sa montre tout le temps, à planifier. Un monde où on pourra vivre sans échéances qui aiguillonnent sans cesse, un monde où on pourra cueillir le soleil quand il vient et aller respirer l'odeur des violettes bourgeonnant sous le baiser du printemps.

"Never having peace of mind
Running from what I can't sing"


Si je m'étais écoutée ce soir, je serais allée me balader sur les berges du Rhône, j'aurais regardé les lampadaires s'allumer sur le pont, la ville s'emplir de lumières et de couleurs dont les reflets auraient scintillé sur les ondulation des vagues. J'aurais regardé les hommes, les femmes, passer dans les quartiers chics, drapés dans leurs grands manteaux sombres, j'aurais longé le cours de la République, me serais abreuvée aux enseignes scintillantes, j'aurais acheté un sablé chez Perroudon, serais allée gravir quelques volées d'escaliers mystérieux dans le Vieux Lyon... pour finir affalée peut-être au Saint James, devant une vodka pomme... J'aurais écouté le son des rires, j'aurais plané, un peu ailleurs, ici et là-bas, on ne sait pas... partagée entre des réflexions renouvelées sur la vie, le sens de la mienne, le tournant à lui donner... J'aurais pleuré qui sait... ce genre de larmes dont on ne sait d'où elles viennent, peut-être justement de ce vide.

"Break me down replace this fear inside
Take this nothingness from me
I want to fight
I want to shine
I want to rise
Break me down"


Mais je n'en ai rien fait. Ce soir je suis sortie, plus vidée qu'à l'accoutumée, sans joie, sans tristesse. Comme d'habitude, les bribes de la journée me sont revenues en tête. Le réveil catastrophé à 6h45 alors que j'avais prévu de me lever une heure plus tôt pour réviser le latin, la récitation fébrile des tableaux de conjugaison et des déclinaisons entre deux bouchées de pomme, l'anti cerne impuissant sur les cercles mauves sous mes yeux, les auto-reproches (Pourquoi tu t'es couchée si tard juste pour squatter MSN?), l'arrivée en cours d'Histoire, les deux heures à plancher sur deux sujets partiellement ramassés "Libertés et Egalité dans la France du XIX°", "La construction de la citoyenneté dans la France du XIX°" en entrainement au concours blanc, le cours de Latin suivant, le contrôle...

"audacieux on dit comment déjà.... merde!"

Le retour morose à Home sweet home, l'après midi à feuilleter le livre de Géo de khôlle "Tourisme et montagne"... impression d'avoir tout oublié, le tirage du sujet, la panique, la khôlle, le 15/20 en fin de compte, obtenu on ne sait trop comment... le sport avec le SAMU qu'il a fallu appeler parce qu'une fille a fait un malaise. La danse après... les membres endoloris.

"I try to find myself
I find the stranger trapped inside
And I'll take one more step away
From the face I used to recognize
Familiar shadows closing in
Suffocating fear descends
You killed a life, uncovered eyes"


Tout ça défile, tout ça se mêle encore au son des musiques tristes, rythmé par le claquement des talons sur le trottoir. Dans le métro, un type m'adresse un sourire complice. Ce genre de sourires qui fiche une claque dans la figure et rappelle l'existence de la joie dans un monde qu'on ne voyait qu'en noir.

*Smile*

Tourner la clef dans la serrure. S'affaler devant l'ordi, seule solution, réécouter Break me down, en engloutissant un yaourt à la Vanille, une pomme et une orange. Penser à réviser mais repousser... Déjà 20h... tant pis

Tout ça pour quoi? Parce qu'en prépa on ne fait pas que relativiser... et qu'il faut que vous imaginiez les lourdes périodes de déprime... Les effets de notes Yoyo qui peuvent vous propulser au Nirvana comme vous renvoyer à l'Enfer du doute. On se raccroche par exemple à une matière forte, on accepte toutes les notes médiocres dans d'autres disciplines et puis quand cette matière forte connait un léger fléchissement on se sent désemparé, plus bon à rien... et on craque... et c'est tout...


To be continued sur des notes plus joyeuses... ^^

# Posté le mercredi 06 février 2008 16:03

Modifié le lundi 17 mars 2008 16:57

Typologie Khôllesque [Partie 1]

Typologie Khôllesque  [Partie 1]
Veille des vacances... je me rappelle... bilan...
Je me rappelle que j'avais peur de ces 6 semaines, que je me disais _ stoïquement_ que j'allais crever. Bien entendu on ne crève jamais. En revanche on en a marre, on compte les heures qui séparent des vacances, de la dernière sonnerie. Dans un grand élan d'enthousiasme on se dit que ce konkhour blanc de la rentrée on s'en sortira brillamment, parce que ces deux semaines on va bien bosser... A la conquête du temps perdu en quelque sorte...
Bien sûr c'est une utopie. A la veille de la rentrée je serai peut-être en train de criser et de culpabiliser à mort... mais peut-être pas. Les vacances ramènent l'espoir de faire mieux _ la prochaine fois, au prochain DS, à la prochaine khôlle. On se dit toujours ça... sauf que les prochaines fois ne sont pas sans fin, l'année trouvera bien un terme.

A ceux qui me lanceront _comme dans un commentaire plus haut_ que "si mon but était de présenter la prépa, eh bien c'est raté, et que tout ceci est sans intérêt" je dirai _sans vulgarité_ .... que m'importe!!!....
C'est un blog, des états d'âme, des évènements plus ou moins marquants, mais je suis bien placée, après tous les blogs que j'ai lus moi-même pour savoir que la prépa, on ne la lit pas, on la vit et que toutes les descriptions du monde ne la dépeindront jamais avec succès. Alors ceux à qui ce blog plait... tant mieux.... les autres.... rien à cirer...

Ceci étant dit... Pour ne pas offenser quelques puristes du genre de ce commentateur "juge de l'inutilité", je ne dirai donc pas que je vais vous présenter les khôlles, mais au contraire que je vais vous en donner ma vision, complètement inutile soit dit en passant et qu'il ne vaut absolument pas la peine de lire.

Les khôlles, c'est peut-être ce qui me faisait le plus peur pendant les vacances d'été. Une khôlle d'anglais? Une demi-heure à parler dans le langue de Shakespeare? IMPENSABLE!!!!! Préparer un plan, une problématique et un oral en 1H seulement? C'EST PAS POSSIBLE!!!!!! Et vas-y que je te regarde les khâgneux à la rentrée avec un respect horrifié. ___ Ils ont survécu.
Je vous rassure, en quelques mois les choses changent..... vous pouvez prendre un petit air blasé, un air supérieur... vous dire que vous en avez vu assez et dresser une typologie du type de khôlles.

Ben oui, parce que ces braves khôlles.... elles ont beau se ressembler... elles sont toutes tellement uniques... ^^ ... ratées ou réussies, improvisées ou préparées sérieusement... c'est une expérience TELLEMENT inoubliable!!!!!
Là il faut m'imaginer avec un sourire freedent (comme les bonnes femmes à l'air heureux dans les pubs), debout, devant le "couloir de la mort" (là où on sont les petites salles où on passe les khôlles), en train de brandir une pancarte avec écrit dessus: "Les khôlles? Depuis la première, rien n'a plus jamais été pareil! "

Il y a quelque chose de louche derrière tout ça?? ..... Vous pensez? Eh bien..... vous avez raison ^^....
Mais expliquer les khôlles à ma sauce, c'est d'abord repartir dans un petit flash back:


D'abord il y a la première khôlle: C'est le grand évènement, marqué d'un grand cercle rouge sur l'agenda. C'est la khôlle d'un début de prépa, avec ses doutes, ses remises en question, ses envies de bien tout faire...
Pour moi cette première khôlle c'était celle de Géo. On avait deux bouquins à lire un sur la Géopolitique des drogues, l'autre sur la Méditerranée... et quand j'y repense... c'était marrant.... Enfin... marrant, je me comprends. Disons qu'on était tous bien angoissés face à ça et que rétrospectivement ça nous semble hautement dérisoire.
On se demandait mutuellement avec une certaine tension dans la voix et le regard:
"Tu as pris comment tes notes pour ces livres?____ Parce que le Que sais-je il est déjà assez dense! Je ne vois pas comment dégager les axes principaux!! Et puis j'y ai passé tout mon Samedi déjà!!!"
On sautait sur ceux _ les survivants_ qui étaient sortis du couloir de la mort, les regardant avec admiration lorsque leurs résultats étaient bons............... :

"Tu as eu combien?"
"11"
"Waouuuu c'est bien_ Madame Machin est hyper sévère en plus!!! Et tu es tombée sur quel sujet?"
"Les routes de la drogue"


........................avec pitié lorsqu'ils s'étaient viandés monumentalement:

"J'ai eu 5: c'était un hors sujet complet!!!"
"Aïe ma pauvre"
"Oui eh bien maintenant j'ai compris au moins! Elle veut qu'on fasse un plan complètement scolaire et qu'on lui sorte des exemples hors bouquin!"


C'est à ce moment là qu'on commence... comme vous le voyez, à se faire une petite idée des manies des profs, des choses qui les ravissent ou qui les agacent... et qu'on commence à appliquer nos théories... avec plus ou moins de succès par ailleurs....

Cette première khôlle, on s'y prépare avec dévotion, arrière goût de pessimisme latent dans la bouche cependant, parce qu'on se dit que de toute façon, les probabilités sont très fortes de se louper... sans même savoir pourquoi. Quand on en sort on est en revanche très très heureux, même quand on l'a ratée (si si si!!!)... on voit un peu le khôlleur qui nous a corrigé comme un Messie qui nous a indiqué la voie... On est revanchard, on a envie de bouffer le monde et de repasser d'en repasser de ces oraux! De faire mieux! Tout jours mieux. (C'est un symptome que je dirais "de l'euphorie post khôllesque" _ effets se dissipant au bout d'une soirée en général) ^^

Il y a les khôlles du Samedi matin aussi:
Pour vous récompenser de l'incroyable effort fourni en vous levant aussi tôt pendant un jour en principe chômé, quelques profs bienveillants vous apportent des croissants chauds et vous en régalent à la fin de votre petite prestation oratoire.
La seule khôlle passée le Samedi Matin, c'était pour moi la deuxième khôlle de l'année, en Histoire. J'avais passé le Vendredi soir à larver lamentablement devant l'écran de l'ordi... déjà le goût de l'improvisation me gagnait...
En 1h tu vas bien t'en sortir _ me disais-je _.
Il faut dire que lors d'une première khôlle, dans une matière donnée, on ne sait pas précisément ce qu'on attend de nous, et comme on s'aperçoit qu'avoir appris par coeur ne sert pas à grand chose... eh bien, on y va "au feeling" _____ Et des fois on le regrète.
Personnellement je l'ai regrété quand j'ai tiré mon petit papillon de papier :
Les sociabilités paysannes sous l'Ancien Régime
J'ai buté longtemps pour rédiger mon intro, ai composé un plan dont je ne comprenais pas la cohérence moi-même....

Le pire dans ces moments là, c'est quand on comprend que l'heure a sonné, et qu'il faut se jeter à l'eau, se lever de sa petite chaise et aller retrouver la khôlleuse. On la regarde droit dans les yeux, on se donne un air assuré, on se lance, la voix tremble un peu, on entend un double-moi dans sa tête trépigner et hurler *tu te plaannnnnnnnnnnnntes tu te plannnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnntes________ C'est banaaaaaaal, c'est TERNE ce que tu fais*, et on continue... en voyant la khôlleuse prendre des notes frénétiques sur son petit carnet. Dans le même temps on ne peut s'empêcher de se demander ce qu'elle va bien pouvoir poser comme questions après, ce qu'on est en train de foirer. On se dit que dans 1 demi heure tout sera fini. Vu qu'on a pas le temps de tout rédiger pendant l'heure de préparation, on improvise.... on rougit... on essaie de garder l'air de rien.

Ce jour là, je vous rassure (encore que... vous vous en fichez!), ce n'était pas un foirage complet. Elle a même trouvé ça plutôt bien, elle m'a tendu une petite fiche récapitulative et le sac de croissants
"Pour l'effort d'être venue" a-t-elle dit .
"Merci"

Et en sortant j'avais envie de chanter l'hymne à la joie, j'ai pris mes affaires dans la salle en faisant un grand sourire à celles après moi qui étaient en train de préparer:
"Bonne chance"

Après ça... j'étais partie en ville m'acheter un livre sur la danse orientale en me sentant invincible....
Ah.... souvenirs, souvenirs que la Khôlle du Samedi....

Moralité = on peut se sentir euphorique après une khôlle, et même la réussir pas trop mal parfois, miraculeusement sans fournir des efforts titanesques

[To be continued pour cause d'ultimes devoirs à faire XD]

# Posté le jeudi 14 février 2008 11:03

Modifié le jeudi 14 février 2008 12:19

C'est quand on a le plus d'espoir qu'il ne faut désespérer de rien [Sénèque]

C'est quand on a le plus d'espoir qu'il ne faut désespérer de rien
Vendredi___ 15h
Relacher la pression et se retrouver écouteurs sur les oreilles, à marcher sur les pavés inégaux du Vieux Lyon sous un vent glacial avec quelques notes d'une musique très douce dans les oreilles. Je ne pouvais pas m'empêcher de sourire à tous ceux que je croisais. J'avançais d'un pas de conquérante, de hussarde de la République... et tout ça pas seulement parce que je ruminais la perspective hautement délectable de pouvoir faire des grasses mat' à volonté pendant un certain temps. Tout ça pas non plus parce que je me disais que je pouvais dès à présent ranger un moment au placard mon agenda et oublier jusqu'à la signification du terme même de concept.
Cette bonne humeur est née de l'hypokhâgne elle-même. Oui oui, cette hypokhâgne que j'aurais foutue au feu en début de semaine à grand renfort d'essence de térébenthine. Vous pouvez me traiter de lunatique, je ne protesterai pas.

En fait cette matinée a été la matinée des notes... des bonnes notes contre toute attente (comme quoi les surprises existent). J'ai dépassé la moyenne à la dissert de Français (exploit véritable) et je l'ai largement eue en Philo. L'euphorie est montée, comme une poussée d'adrénaline. Le ciel, de noir a viré au rose.... (non non, je n'ai pas fumé mes copies). Si vous m'aviez demandé dans les heures qui suivaient ce que je pensais de cette année je serais sans doute partie dans de grands épanchements lyriques mélioratifs _ relégant mes grandes périodes de doute dans un recoin de ma mémoire_ et vous n'auriez pas su sur quel pied danser.... encore que... mes cernes auraient peut-être fait pencher la balance du côté "moins".

Les khromagnons sont toujours plantés en bas de mon immeuble avec leurs crachats et leurs rires gras, je me fais toujours engueuler à cause des piles de livres et des moutons de poussière qui s'installent dans ma chambre, et je ne peux toujours pas sortir après minuit mais les arbres en face de ma fenêtre se couvrent de bourgeons, le Printemps arrive et l'Espoir lui, s'installe dans ma caboche pendant 2 bonnes semaines pour le moins -viens dans mes bras mon vieux, tu m'avais manqué!- *smoutch*

L'Espoir m'a dicté à nouveau l'optimisme. Il m'a rappelé, souriant, que ça y est, je les avais enfin ces 18 ans longuement attendus, et ce depuis le 26 Janvier (pour les curieux). Il m'a rappelé que je n'étais pas une totale dégoûtée de l'alcool puisqu'après tout j'avais enfin découvert chaussure à mon pied avec la vodka pomme.

Portée par l'espoir, j'ai pu aller flâner dans les magasins et observer d'un air critique mon reflet dans le miroir:
"Oulala ma vieille... décidément les pâtes baignant dans la graisse de la cantine ne te réussissent pas du tout. Va falloir prendre de bonnes résolutions"
Je me suis aussi rendue compte que je mettais toujours 3 plombes à choisir des produits chez Yves Rocher et que je ne pouvais toujours pas supporter les têtes des vendeuses. Eh bien oui, toujours là, avec leur petit minois impeccablement poudré, leurs petites blouses blanches et leur sourire appréciateur quand elles vous toisent dans l'éclairage des néons, l'air toujours de se moquer, ou de prendre en pitié notre _ éventuelle _ tête de déterrée
- Il vous faut quelque chose madame?

Madame, madame... elle pousse un peu tout de même, j'ai l'air d'une femme mariée? Elle veut pas me conseiller un anti-rides pendant qu'elle y est? Un seul mot de plus et je l'attaque à coup d'eye liner cette greluche!! (Quoi? Moi contaminée par le délire de persécution de Rousseau?___ Quoi? Moi agressive?)

Vacances... premières prises de tête aussi avec les parents pour remplir le dossier de sciences pô, premiers larvages devant l'écran de l'ordi en regardant Basic Instinct (premier du nom).... et donc ce soir peut-être premiers cauchemars sur les pics à glace et les blondes nymphomanes XD.

Vacances... visite du musée de la miniature à Lyon avec une amie hypokhâgneuse, émerveillement total devant ces reconstitutions minutieuses, devant ce véritable travail d'artiste (si vous passez par Lyon ne le manquez pas, ce serait impardonnable).

Vacances, réaccorder le clavecin tombé dans l'oubli et reprendre le footing, arrêter de manger du pain comme une affamée....

Préparer le concours blanc aussi... mais alors tout en dernier... XD......

........................................

Non, peut-être pas si "en dernier" que ça........................

Peut-être Lundi...............................

Oui......................... sans doute Lundi......................

# Posté le samedi 16 février 2008 17:09